«En Colombie 60 ans d’espionnageaux journalistes»

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Traduction Maria del Socorro Alzate S.

Avec ce titre, la Fondation pour la liberté de la presse en Colombie(FLIP) a publié son rapport annuel sur les violations de la liberté de la presse dans le pays en 2014, exprimant clairement son rejet aux cas d’écoute électronique illégale qu’a subi la presse colombienne pour plus d’un demi-siècle et qui sont sortis de nouveau à la lumière l’an dernier.

Depuis la création du Service d´intelligence  colombien (SIC), à partir de 1953 par décret du dictateur Gustavo Rojas Pinilla, jusqu’à son remplacement par le Département administratif de sécurité(DAS), 18Juillet, 1960 sous le gouvernement d’Alberto Lleras Camargo, le journalisme en Colombie a été exposé à l’écoute électronique illégale par les différents gouvernements, selon les documents de la FLIP.

La persécution des journalistes a commencé à la fin des années soixante-dix et au début des années quatre-vingt, pendant le gouvernement de Julio César Turbay  Ayala, suite à la mise en œuvre de la loi Statut de Sécurité qui a donné de larges pouvoirs aux militaires pour emprisonner, enquêter et poursuivre des civils à cause de leurs idéologies politiques : des journalistes, des artistes, des militants et des dirigeants politiques, ont été considérés comme dangereux pour l’établissement.

Au cours de2014 la FLIP a enregistré 131 agressions directes contre la presse en Colombie, pour un total de164 victimes.

Même aujourd’hui, l’espionnage et le renseignement secret continuent d’affecter le libre exercice de la presse en Colombie. L´année 2014, signale le rapport de la FLIP, «a commencé avec la divulgation par le magazine Semana, du fait que, sous le couvert d’un café Internet, l’armée avait un centre d´écoutes  illégal, connue sous le nom» Andromeda «. Depuis cet endroit avait lieu l’espionnage des communications électroniques  aux représentants du gouvernement dans le processus de paix. Mais en plus, on a appris que dans cette opération les courriels de journalistes et  d´autres personnes étaient aussi interceptés. Plus tard, on a appris que le Centre de renseignement militaire avait une liste de courriels personnels et officiels de l’Office du Haut Commissaire pour la Paix où étaient inclus les courriels des journalistes nationaux et étrangers.

Peut-être le plus grand scandale de son genre dans le pays s’est produit entre 2003 et 2009 au sein du DAS, lorsque l’agence de sécurité interceptait illégalement des journalistes, des dirigeants politiques et des membres de l’opposition pendant le gouvernement d’Alvaro Uribe Velez, président à ce moment- là  et aujourd’hui sénateur; -un cas qui reste en suspens et n’a pas réussi à toucher les principaux responsables –. Dans ces années, la «FLIP a documenté 16 cas de journalistes victimes de harcèlement criminel, des faux renseignements pour leur discréditer, des interceptions et des menaces, mais on pense que le chiffre est  beaucoup plus élevé«, a déclaré le rapport, qui a également critiqué l’impunité dans les cas d’agressions contre la presse.

Pour terminer avec un acte de mémoire, qu´illustre d’ailleurs le danger du  travail d´espionnage contre la presse, il faut se remémorer du jour de l’assassinat du journaliste Jaime Garzón le 13 Août 1999 à Bogotá. Pour ce crime la justice colombienne a condamné le chef paramilitaire décédé des AUC (Autodefensas Unidas de Colombia), Carlos Castaño Gil comme en étant le cerveau du même.

Quinze ans après la mort de Jaime Garzón, note le rapport de la FLIP, la justice a établi qu’il y avait des officiers de l’armée impliqués dans le travail d’intelligence contre le journaliste et que les résultats de ces enquêtes illégales ont été livrés aux groupes paramilitaires.

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